Selon les IMAS, l’éducation au risque des mines est un « processus qui favorise l’adoption par les groupes à risques de comportements plus sûrs et qui établit des liens entre les communautés affectées, les autres composantes de la lutte contre les mines et d’autres secteurs ».
C’est une activité qui cherche à réduire le risque d’accidents lié aux mines et résidus explosifs de guerre en éduquant les communautés à l’adoption de réflexes sécuritaires.
Bien que la discipline soit appelée « Education au risque des Mines », elle vise aussi à prévenir les populations de tout type d’accidents liés à l’explosion d’un engin.
De ce fait, l’Education au risque des Mines couvre non seulement, les risques des mines (antipersonnel et anti-véhicules) mais aussi des résidus explosifs de guerre. Les résidus explosifs de guerre sont définis par les lois internationales comme des Restes Explosifs de Guerre (REG) (REG – bombes, coquilles, grenades et autres munitions lancées et qui n’ont pas explosées comme prévu) et les munitions explosives abandonnées (AXO, stock abandonné ou armes cachées).
Tout programme d’éducation au risque des mines, pour atteindre son objectif, doit établir une stratégie de communication claire et précise.
La communication est utilisée comme un moyen de transmission et d’échange sur les risques que représentent les mines et sur les comportements sûrs à adopter.
Il y a de multiples façons de communiquer et par conséquent, les programmes d’éducation au risque des mines, doivent utiliser au mieux plusieurs moyens de communication avec des messages et des supports adaptés aux cibles et au contexte.
L'Education au risque des mines comporte trois principales composantes étroitement liées et complémentaires : l’éducation et la formation, l’information publique (à travers une stratégie de communication) et la liaison communautaire.
Un programme d’éducation au risque des mines, pour être efficace, doit transmettre des messages et utiliser plusieurs moyens de communication
adaptés au contexte et aux cibles et devrait s’efforcer de :

  •  fournir l’information, les propos rassurants et les encouragements qui incitent à l’adoption de comportements sûrs ;
  •  identifier et promouvoir des comportements sûrs face au problème des mines, pour qu’ils servent d’exemple ;
  •  installer les compétences nécessaires et s’assurer qu’elles seront utilisables ;
  •  fournir un environnement social favorable à l’adoption de nouveaux comportements ;
  •  continuer à motiver les personnes concernées ;
  •  inciter ces personnes à transmettre l’information ainsi que leurs compétences fraîchement acquises à d’autres.

Sa réussite repose également sur le soutien des autorités locales et nationales et, au préalable, sur l’identification des groupes cibles qui sont souvent les communautés affectées par les mines et résidus explosifs de guerre.
Au Sénégal, cette volonté s’est traduite, entre autres par la ratification de la Convention d’Ottawa en 1999 par le gouvernement.  Et depuis cette même année, des activités de sensibilisation en faveur des communautés affectées par les mines sont déroulées par des partenaires avec l’appui des autorités locales. Le travail considérable effectué, a largement contribué à la diminution du nombre d’accidents par mines.

Avec l’installation du Centre National d’Action Antimines du Sénégal (CNAMS) cette activité doit être davantage renforcée, surtout avec le retour progressif des populations déplacées et des réfugiés dans leur village d’origine.
Le CNAMS, conformément à la mission de coordination qui lui est donc assignée, doit créer une synergie des actions d’éducation au risque des mines et veiller à une harmonisation des supports et des messages utilisés.