Déminage humanitaire

Le déminage humanitaire couvre l'ensemble des activités ayant pour but d'éliminer le danger que représente la présence des mines et des restes explosifs de guerre. Il inclut l'enquête technique, la cartographie, le marquage, l’élimination des mines et des restes explosifs de guerre, l’établissement d’une documentation post-déminage, la liaison communautaire et la restitution des terrains dépollués ou remis à disposition par d’autres méthodes.
Il a pour objectif de retirer toutes les mines et autres restes explosifs de guerre des zones infestées, aux fins de restituer les terres à la population locale. 
Le déminage humanitaire est effectué par des civils formés à cet effet ou par des sapeurs mineurs hors des drapeaux. C’est toute la différence avec le déminage militaire ou opérationnel réalisé par l’Armée dans le cadre de ses missions de sécurisation, d’ouverture de voies d’accès et de pistes.
L’activité intègre également l’éducation au risque des mines, l’assistance aux victimes, le plaidoyer ainsi que la destruction des stocks de mines. Il constitue, en fait, l’un des piliers essentiels  de l’action antimines.
Le déminage demeure une activité dangereuse, lente et très onéreuse.
Son caractère périlleux réside dans les caractéristiques et les modèles différents de mines et REG qui, parfois, attirent la curiosité des populations notamment les enfants.
Les mines sont peu coûteuses, leur production est très simple mais causent des dégâts énormes.
A leur avènement, elles étaient utilisées par les protagonistes pour protéger leur cantonnement et leurs positions contre l’ennemi.
Aujourd’hui, les parties en conflit y ont recours, certes, pour défendre leur base, mais surtout pour ralentir la progression de l’ennemi.
Malheureusement, les populations civiles constituent les principales victimes, quoiqu’elles ne soient pas visées a priori.
Les zones minées sont en général des lieux stratégiques souvent constitués des terres arables, des plantations, des écoles, des routes, des pistes menant vers des rizières etc.
Ce minage a un impact négatif sur le train de vie des populations qui ne peuvent plus accéder à leurs terres pour y mener leurs activités.
Ces engins de la mort continuent à tuer ou à mutiler des innocents, longtemps après leur déploiement.
Les mines peuvent être déclenchées par les cibles elles-mêmes ou activées par une tierce personne. On parle même, dans certains cas, de mines intelligentes qui sélectionnent leurs victimes.
Le déminage humanitaire est commandé par l’obligation faite aux Etats Parties à la Convention d’Ottawa de procéder à une dépollution complète des terres pour que les populations puissent reprendre une vie normale, c’est-à-dire mener des activités génératrices de revenus et sortir ainsi de la situation de paupérisation dans laquelle elles se trouvent.
Le déminage fait appel à différentes techniques dont la plus utilisée est le déminage manuel réalisé avec un détecteur de métaux qui permet de localiser la mine ou l’engin et une sonde ou un moyen d’excavation utilisé pour dégager l’objet trouvé.
Les animaux sont aussi utilisés dans certaines opérations de déminage. Il s’agit de chiens détecteurs de mines appelés aussi ‘’chiens détecteurs d’explosifs’’, rats etc.
Il existe également le déminage mécanique accompli grâce à des appareils très sophistiqués. Leur utilisation n’est pas encore très répandue du fait de la cherté de leur coût de revient. Aussi le processus de déminage est-il peu mécanisé.
Selon les situations et les moyens de l’opérateur, il est possible d’avoir recours à un « kit de déminage » qui combine ces trois techniques de déminage.
 
Il convient de noter que certaines zones suspectes sont difficiles d’accès à cause d’une végétation parfois dense ou d’un sol trop dur. De même, les pluies et les inondations peuvent constituer des facteurs de blocage de l’opération de déminage.
 
Autant de facteurs qui influent sur le processus et impactent sur la vie des communautés en raison de la présence des mines et REG.
Autant dire qu’une évaluation générale bien définie est nécessaire avant de mener les activités. Celle-ci tiendra compte, naturellement, des conditions climatiques et environnementales.
On perçoit ainsi, tout le caractère onéreux du déminage humanitaire.
Malgré toutes ces difficultés, chaque Etat partie dispose d’un délai de 10 ans, à compter de la date d’entrée en vigueur de la Convention pour cet Etat partie, afin de dépolluer son territoire.